À toi qui insultes la France
Pitch
À celui qui renie le pays où il a grandi, sans drapeau, sans leçon. Il peut vouloir le changer. Mais c'est en français qu'il crie.
Au point de départ
Tout est parti d'une contradiction : on peut maudire un pays et le faire dans sa langue. Chercher ses mots pour le rejeter, et les trouver chez lui. Il y a quelque chose de blessant à voir un pays rejeté en bloc, comme si plus rien n'y méritait d'être aimé. Mais je ne voulais pas écrire une chanson de défense. Aimer un pays n'interdit ni d'en regarder les fautes en face, ni de vouloir le changer. Ce que la chanson conteste, ce n'est pas la colère, c'est le reniement.
J'écris depuis la Belgique. Un Belge francophone a grandi avec les mêmes chansons, les mêmes films, les mêmes livres au programme : je suis dans cette culture sans être dans ce pays. J'ai tout reçu d'elle sans rien lui devoir. Une appartenance qui ne figure sur aucun papier.
Mon nom, lui, est italien. « On peut venir de deux rivages » n'est pas une image, c'est un état civil. Je crois qu'on peut aimer plusieurs terres et se construire de ce que chacune nous a laissé. Pourquoi faudrait-il abîmer une part de soi pour être fidèle à l'autre ?
Version live
Pour cette version, j'avais en tête une grande scène et un refrain repris par le public. J'ai donc cherché une pulsation franche et une harmonie sans détour. Fa, do, ré mineur, si bémol. Quatre accords qui tournent, une intensité qui monte par paliers. L'attachement dont parle la chanson passe aussi par là, par le plaisir physique de chanter ensemble.
J'ai voulu y faire entrer un harmonica, en clin d'œil à Greg Zlap, dont je suis le jeu et l'énergie scénique depuis longtemps. L'instrument apporte du souffle et un grain presque vocal : une deuxième voix, qui dit ce que le texte ne dit pas.
Version duo acoustique
J'ai enlevé tout ce qui sert à faire lever une salle. La chanson y perd en force et y gagne en doute. Quant au duo, il ne vient pas de nulle part. La chanson dit qu'on peut venir de deux rivages. Ici, ils commencent chacun de leur côté et finissent par se rencontrer.
Paroles

Paroles © Stéphane Gallo - dépôt SABAM


